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lundi 11 juillet 2005

Croissance et emploi : la quadrature du cercle

Les exemples anglais et américains tendraient à prouver que les créations d'emplois suivent une courbe analogue à celle de l'activité économique à laquelle renvoie le terme croissance.

Le problème, c'est qu'à notre stade de développement, nous possédons l'essentiel de ce dont a besoin un individu lambda pour vivre une existence convenable. Personnellement, je n'ai pas besoin de plus. Au contraire, plus le temps passe, et plus je tends à épurer mon mode de vie dans sa dimension de consommation de telle sorte que je me rapproche de l'indispensable, écartant progressivement le superflu.

Certes, le cas des pays sous-développés pose le problème différemment. On peut admettre que leurs habitants sont loin de disposer des mêmes commodités que nous et qu'eu égard à leur nombre (des milliards), les perspectives de développement restent considérables. La difficultés, c'est qu'en l'état actuel des techniques de production, il faudrait trois à quatre terres pour pourvoir aux besoins de chacun au niveau des nôtres.

Ainsi donc, pour amener les démunis à un niveau de vie proche du nôtre, et générer des perspectives de croissance supplémentaires, il apparaît inévitable du point de vue de l'exploitation des ressources naturelles et de la préservation des équilibres environnementaux qu'il soit procédé à une redistribution des ressources exploités et des richesses créées. Autrement dit, ce que les uns acquièreront devra être compensé par des renoncements consentis par les plus riches d'entre nous. On aurait alors affaire à un jeu à sommes nulles.

Les équilibres collectifs et individuels impliquent probablement une remise en cause profonde des valeurs qui fondent le sens que nous donnons au bonheur dans notre existence d'individu si nous souhaitons offrir à chaque résident de la planète la possibilité réelle d'accéder au bonheur.

Une telle réussite semble impliquer la satisfaction des besoins matériels élémentaires ainsi qu'un niveau d'éducation suffisant afin que chaque individu puisse accéder aux ressources culturelles. Pour cela, une redistribution des richesses constitue un préalable nécessaire pour remédier aux carences actuelles imputables à d'insupportables inégalités assimilables à d'inacceptables situations d'abus des uns aux détriments des autres.

Pourquoi Sarkosy est de retour à l'Intérieur

Dans le gouvernement de Villepin, Sarkosy a choisi de ne pas être Premier ministre et a exigé le ministère de l'Intérieur. Les raisons :
- dans la perspective de la future présidentielle où il pense incarner l'homme providentiel (à froite tout au moins), il doit jouer sa meilleure partition. Celle qui lui permet de se façonner le meilleur profil par rapport à l'électorat français.
- dans cette perspective, son premier passage à l'Intérieur lui a permis de se façonner une carrure de présidentiable et de chef de parti en jouant des biscottos dans les médias.
- prendre la place de Premier Ministre l'aurait beaucoup trop exposé à l'échec et aurait ainsi considérablement hypothéqué l'image d'homme providentiel
- cette image d'homme providentiel il l'entretient à travers un ministère où les effets d'annonce et les formules chocs comptent beaucoup du point de vue psychologique.
- en étant à l'intérieur du gouvernement, il est beaucoup plus visible et audible dans les médias et sa capacité d'action est plus importante

CONCLUSION : Sarkosy ne sert pas tant les intérêts de la France que sa propre ambition. Il prend en otage le gouvernement de la France à des fins personnelles. Il pervertit l'usage des institutions en brouillant la perception que les Français ont de la répartition des tâches entre un chef de parti et un ministre du fait que ce ministre de part le contexte a plus de pouvoir que le Premier ministre. Il s'autorise même à mener le Président de la République par le bout du nez. Qu'un chef de parti d'opposition se comporte ainsi est une chose, qu'un ministre d'Etat le fasse en est une autre. En affaiblissant la foncion, qui n'a pas besoin de cela, Sarko se fait plaisir, mais il affaiblit la France en ternissant son image. Les Français sauront interpréter pareille attitude qui révèle que Sarkosy n'aime pas tant la France que son ambition personnelle.

PRONOSTIQUE : Sarkosy ne sera pas le prochain président de la France.