Source : http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2519

Depuis le soir ou Sarko a fui les plateaux de télé, laissant Borlo plaider la cause du OUI à sa place le dimanche précédent le référendum, je ne parviens pas à me défaire de l'idée qu'il va exploser en vol. Il en fait (beaucoup)trop. Un peu comme la confiture : moins on en a...

Les médias et les forces vives du pays se cherchent un leader qui puissent conforter le système où ils se sentent si bien : taillé sur mesure par eux et pour eux. Alors ils ont jetté leur dévolu sur Sarko faute de mieux. Ils se sont certainement précipité car dans ces milieux-là comme ailleurs, la nature a horeur du vide.

Alors, tout ce petit monde feint d'y croire. Et puis il est trop tard pour changer de cheval. Alors ils vont jouer ce cheval-là à fond, jusqu'au bout. Dans le même temps ils vont savonner la planche à Chirac. Vous savez les conduites de fin de règne, quand la puissance du chef décline et qu'il est temps de placer ses billes ailleurs.

Comme le dit Danielle Bleitrach, le traitement de faveur accordé à Sarkosy dans les médias est un critère objectif de son impopularité dans la France profonde, cette France qui ne se sent pas d'affinité avec un traitre ambitieux qui s'en va dénigrer la France aux Etats-Unis (voir ce texte : http://lesogres.org/article.php3?id_article=126 ).

Ainsi que je l'ai lu par ailleurs, Sarkosy est le mal et le remède tout à la fois. Il périra par où il a péché : l'excès. Excés des formules, excès de fastes lors de son intronisation à la tête de l'UMP (le même week-end que le bicentenaire du sacre de Bonaparte !), excès de suffisance et de mépris pour les institutions de la France qui traduisent son usage immodéré du pouvoir à des fins personnelles.

Enfin, excés de confiance. Sarkosy se croît irrésistible et il se prend pour l'homme providentiel : une posture de sauveur qu'il se plaît à incarner et qu'il met en scène en dramatisant toute chose.

Et les médias lui servent la soupe en ne cessant de répéter que la France, en perte de vitesse, vieillissante, poussive, déconnectée de la réalité d'un monde en pleine mutation, est sur le déclin, menacée d'être reléguée parmi les nations de seconde zone, les insignifiants et de perdre son modèle social faute de pouvoir le financer. Enfin bref, le tableau est noirci à souhait afin de favoriser le besoin d'un héro capable de nous sortir du marasme. Ce héro arbore un profil à la Schwartzeneger : énergique en diable, justicier dans l'âme. Un sauveur à qui rien n'est censé résister. Sauf le peuple français ? qui pourrait bien le nettoyer au bulletin de vote.