« Cette règle non écrite du journal, poursuit Kempf, me paraissait très justifiée : la participation à un organisme public fût-il sans responsabilité apparente et sans pérennité induit une relation de connivence qui ne peut qu’altérer l’exigence d’indépendance qui fonde la qualité de notre travail de journaliste. »
« J’y ajoute, écrit-il encore, deux considérations de contexte qui aggravent le mauvais cas dans lequel, selon moi, tu places notre collectivité.
La situation politique du pays se caractérise par un pouvoir fort, détenant les principaux leviers de commande (présidence, gouvernement, Parlement, Conseil constitutionnel), face à une opposition faible ce dont témoigne la collaboration de personnalités dites socialistes, tel M. Attali, à la politique gouvernementale. De surcroît, le pouvoir contrôle aussi, par ses amis ou par ses affidés, une très grande part des médias audiovisuels et écrits. Le rôle des journaux indépendants, et je conserve la conviction que le Monde est de ceux-là, est d’assurer avec la plus grande rigueur et la plus sourcilleuse susceptibilité notre distance à l’égard du pouvoir, dans cette période périlleuse pour la démocratie. Nos lecteurs attendent de nous cette indépendance, garantie d’un jugement serein. [...] » La réponse de l’ultralibéral chroniqueur Éric Le Boucher est attendue...
jeudi 27 septembre 2007
Hervé Kempf (Le Monde) écrit à son collègue Eric Le Boucher (Le Monde également)
Par P B - 3 commentaires


