L’atmosphère à Washington devient de plus en plus tendue, voire proche de la panique (“near-panic”), à mesure de l’aggravation de la crise générale et systémique, – boursière, financière, économique, en même temps que la crise du dollar. Le site WSWS.org décrit, aujourd’hui la déposition du président de la Federal Reserve Ben Bernanke, au Congrès le 7 novembre: «Near-panic atmosphere…» Le discours au Congrès de Sarkozy le lendemain, la déclaration d’un des vice-présidents de la banque centrale chinoise (“le dollar est en train de perdre son statut de devise mondiale de référence”) ont également contribué à la détérioration du climat.
«On Thursday, one day after American stock markets plummeted in the face of mounting bank losses, soaring oil prices and record lows for the US dollar, Federal Reserve Board Chairman Ben Bernanke gave a gloomy economic forecast in testimony before Congress’ Joint Economic Committee.
»Bernanke admitted that the US housing slump and the credit crisis resulting from soaring defaults of subprime mortages had worsened since credit markets froze last August, and predicted that US economic growth would fall sharply in the fourth quarter of 2007 and the beginning of 2008.
»He said the housing crisis would worsen in the coming months, as millions of homeowners with adjustable rate mortgages faced sharply higher interest payments when new rates kicked in, and hinted that the crisis on Wall Street could spiral into a full-blown recession.
»On Wednesday, the Dow Jones Industrial Index fell 360.92 points, wiping out all the gains since the Fed’s half-point interest rate cut on September 18. The Standard & Poor’s 500 index dropped by 44.65, while the Nasdaq Composite Index shed 76.42 points. The rout on Wall Street was precipitated by a series of developments underscoring the depths of the financial crisis.
»As the dollar hit record lows against the euro and other currencies, Chinese officials said the weakness of the US dollar could lead them to diversify their $1.43 trillion in foreign exchange reserves into stronger currencies, such as the euro. A Chinese central bank vice director told a conference that the dollar was “losing its status as the world currency.”
»The US economy, saddled with massive trade and current account deficits, depends on daily inflows of billions of dollars in capital from China, Japan and other countries for the functioning of its financial system. Any significant contraction of these capital flows would lead to a collapse in the dollar, massive interest rate increases, deep recession and the possibility of a US and global depression.
»Also on Wednesday, French President Nicolas Sarkozy, in an address to the US Congress, criticized Wall Street “excesses” and the weak dollar and warned that “monetary disorder risked turning into economic war.” Sarkozy was speaking for a European bourgeoisie that is increasingly angered by a US monetary policy that has cheapened the price of US exports, made European imports more expensive, and begun to seriously impact European business.»
L’important ici, nous semble-t-il, est que la crise tend à trouver son point central d’expression à Washington. Ce n’est que justice mais là n’est pas le propos essentiel; ce n’est que justice mais ce n’est aussi que justesse. Quelles que soient les conséquences, de la globalisation de la crise, des effets en chaîne, des pays frappés ici ou là, des mécanismes divers, etc., il reste que le point central producteur et inspirateur de la crise, le point central politique et philosophique de la crise est Washington. Comme on le voit, on se retrouve à Washington, par tel ou tel biais, y compris celui de la visite d’un Sarkozy grimé pour l’occasion en représentant de “la bourgeoisie européenne” par WSWS.org. C’est là qu’est née la crise parce que Washington est créateur du système actuel et que la crise est celle du système. On trouve par conséquent dans ce tableau presque breughélien que nous offre WSWS.org une représentation de la réalité, voire de la vérité profonde des choses.
Mis en ligne le 9 novembre 2007 à 10H07
1] Le mel sur l'article pipeule :
Bonjour Pascal,
j'aime bien en général les informations que vous faites passer, qui complètent utilement et salutairement les informations tronquées, déformées ou dissimulées issues des médias dominants.
Cette fois ci, je me permets de vous faire un commentaire quant au choix que vous avez fait de relayer cet article de "Rue 89", qui me semble assez discutable.
Le cas de cette top-model est-il réellement symbolique ou emblématique de la baisse du dollar pour intituler et commencer un article sur le sujet en parlant d'elle ? Est ce bien sérieux ? Je trouve personnellement que ça n'est qu'un prétexte, qui relève d'une people-isation qui pour moi est quasiment contradictoire avec ce que je mets derrière le mot "démocratie". Le site "Rue 89" parle de "révolution de l'information". Pour moi la vraie révolution de l'information ça serait notamment de ne pas tomber dans ce travers journalitique de la people-isation, qui contribue directement à ce que j'appellerais le désengagement citoyen, qui les ramène encore et toujours du rôle de citoyen au rôle de consommateur (dans le cas présent, consommation d' "information").
Votre avis m'intéresse. J'ai dit que votre choix était discutable, ce n'est pas pour vous juger, mais bien pour ouvrir une discussion. Si jamais vous avez le temps...
Bonne fin de journée.
Guillaume
Ma réponse :
Guillaume,
Parmi les éléments qui m'ont décidé à diffuser cet article en dépit de son caractère people dont je me suis employé à bien montrer qu'il me gonfle avec l'usage des (...) placés opportunément :
- "Les contrats, à partir de maintenant, sont plus attractifs quand ils sont en euros, parce qu'on ne sait pas ce qui va arriver au dollar."
==> c'est un agent économique qui tient ce propos. Elle est là pour faire du buziness avec le produit dont il dispose. Pâtes, avions ou people. Aussi, qu'elle émette un avis comme celui-ci de par sa qualité d'agent économique en quête de pognon dans un contexte économique international n'est pas neutre.
==> cette info émane de l'agence Bloomberg, présentée comme une référence solide dans son domaine (que j'ignore ; mais bon faut bien faire un peu confiance ...)
==> par ailleurs c'est la première fois que JE lis dans un article non issu de la presse spécialisée des considérations sur les périls qui menacent le dollar
- "Question: et si, face à la dégringolade continue du billet vert, tout le monde basculait sur l'euro? Dans les échanges internationaux, la monnaie européenne, qui est encore toute jeune, peut-elle détrôner le dollar, comme le dollar a détrôné la livre sterling au début du siècle dernier? Peut-elle devenir la monnaie la plus courante au monde?
Dans les transactions en liquide, c'est déjà fait depuis près d'un an, selon les calculs du Financial Times. Les dealers de drogues sont, eux aussi, de plus en plus tournés vers l'euro. Dans les réserves de change, à en croire Alan Greenspan, ancien patron de la banque centrale américaine, l'euro pourrait un jour prendre le dessus.... Il progresse dans les caisses des banques centrales, atteignant 25% de leurs réserves fin 2006, contre 18,7% en 2004. Dans les échanges commerciaux et sur les marchés financiers, un tel basculement risque de prendre beaucoup plus de temps."
==> cette interrogation est importante car elle fait écho à des articles sur le rôle et l'influence du pétro-dollar, et les probabilités qu'il soit déchu de son piédestal planétaire dans les années à venir ; thème que j'ai déjà abordé par le passé ( http://del.icio.us/azzer/dollar )
==> les informations qui l'accompagnent donnent un crédit sérieux aux spéculations évoquées ci-dessus ...
==> donc cette question qui jusqu'à présent, A MA CONNAISSANCE, était cantonée dans les milieux avertis puis militants, fait irruption dans le débat grand public ..
- "le symbole sera un peu plus puissant que les hésitations monétaires de Gisele Bündchen"
==> cette phrase montre bien que le cas de cette people est un prémice de qq ch qui pourrait bien prendre des proportions considérables au niveau de l'économie et de la politique internationale.
- "Mais si l'Iran ou le Vénézuela en ont rêvé tout haut (au passage, quel symbole politique ce serait!)"
==> exact ; j'ai déjà diffusé sur la volonté de ces deux pays non alignés de s'affranchir de la suprématie du dollar. Le Vénézuéla a déjà retiré une partie de ses réserves en dollars des banques états-uniennes. Et l'Iran cherche à faire coter son pétrole en euro sur une bourse nouvellement créée. Des infos sur ces sujets-là doivent être recensées à l'adresse fournie ci-dessus.
Pascal


