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  <title>DesMotsCratie - peur</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 31 May 2010 13:50:45 +0100</pubDate>
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    <title>Pourquoi ont-ils élu Sarkozy ...</title>
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    <pubDate>Tue, 22 Jul 2008 22:38:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>P B</dc:creator>
        <category>droite decomplexee</category><category>manipulation</category><category>peur</category><category>sarkozy</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.aporismes.com/spip.php?article123&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Aphorismes&lt;/a&gt; -  (...) jusqu’ici la droite était la droite. Et elle ne se décomplexait que lorsqu’elle se croyait « entre elle », à de rares exceptions près comme l’avait illustré en son temps l’affaire du bruit et de l’odeur des immigrés façon Jacques Chirac. Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy, la droite est officiellement décomplexée. Cela se voit en tout. Il faut jouir sans entraves, au détriment des autres s’il le faut. Un projet de société assez particulier qui s’illustre assez bien d’ailleurs dans le concept tant ressassé de « rupture ». La rupture, c’est, selon le dictionnaire : « une cassure, une séparation, une déchirure, de la tension ». Tout un programme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et finalement, peut-on reprocher à un homme de se comporter ainsi à la tête de l’Etat alors qu’il avait tout annoncé à l’avance ? Ceux qui l’ont porté à ce poste sont les principaux responsables du présent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous redonne à lire cette partie du discours de V. aux habitants de Londres dans le Film V. For Vendetta. Ce texte parle du « haut chancelier ». Rien ne vous empêche de remplacer ce terme et son nom par ceux de votre choix :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Words will always retain their power. Words offer the means to meaning, and for those who will listen, the enunciation of truth. And the truth is, there is something terribly wrong with this country, isn’t there ? Cruelty and injustice, intolerance and oppression. And where once you had the freedom to object, to think and speak as you saw fit, you now have censors and systems of surveillance coercing your conformity and soliciting your submission. How did this happen ? Who’s to blame ? Well certainly there are those more responsible than others, and they will be held accountable, but again truth be told, if you’re looking for the guilty, you need only look into a mirror. I know why you did it. I know you were afraid. Who wouldn’t be ? War, terror, disease. There were a myriad of problems which conspired to corrupt your reason and rob you of your common sense. Fear got the best of you, and in your panic you turned to the now high chancellor, Adam Sutler. He promised you order, he promised you peace, and all he demanded in return was your silent, obedient consent. »&lt;br /&gt;
&lt;p&gt;Traduction : &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots conserveront toujours leur pouvoir. Les mots offrent la possibilité de dire les choses, et pour ceux qui les écoutent, l'énonciation de la vérité. Et la vérité est qu'il y a quelque chose qui ne va pas du tout dans ce pays n'est-ce pas ? Cruauté et injustice, intolérance et oppression. Et où il y avait autrefois la liberté de s'opposer, de penser et de parler comme vous estimiez devoir le faire, vous avez maintenant des censeurs et un système de surveillance qui force votre normalité et exige votre soumission. Comment cela s'est-il produit ? Qui est responsable ? Bon certainement y en a-t-il qui porte une part de responsabilité plus grande que les autres et ils auront à en répondre, mais à dire vrai, si vous cherchez des coupables, il vous suffit de vous regarder dans un miroir. Je sais pourquoi vous avez agit ainsi. Je sais que vous aviez peur. Comment aurait-il pu en aller autrement ? Guerre, terreur, maladie. Il y avait une infinité de difficultés qui concourraient à altéraient votre raisonnement et vous privaient de votre bon sens. La crainte s'est emparé du meilleur de vous-même, et dans un mouvement de panique vous vous êtes tourné vers le chancelier actuel, Adam Sutler. Il vous promettait ordre et paix, et tout ce qu'il attendait en retour de votre part c'était votre silence et une collaboration docile. &lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Alain Badiou : &quot;La discipline - l’organisation, la cohésion et l’unité - est la seule force dont disposent les opprimés&quot;</title>
    <link>http://desmotscratie.net/post/2007/10/30/Alian-Badiou-%3A-La-discipline-lorganisation-la-cohesion-et-lunite-est-la-seule-force-dont-disposent-les-opprimes</link>
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    <pubDate>Tue, 30 Oct 2007 09:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>P B</dc:creator>
        <category>badiou</category><category>peur</category><category>sarkozy</category>    
    <description>&lt;p&gt;[ J'aurais pu titrer également :  &quot;La société de la peur&quot;. Mais c'est moins porteur d'avenir... ]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.reseaudesbahuts.lautre.net/article.php3?%20id_article=573&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Le réseau des bahuts&lt;/a&gt; - Entretien &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Badiou&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Alain Badiou&lt;/a&gt; / Frédéric Taddéï à propos de la sortie de son livre : &quot; &lt;a href=&quot;http://www.editions-lignes.com/public/livre.php?motsClefs=9782355260032&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;De quoi Sarkozy est-il le nom ?&lt;/a&gt; &quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;25/10/07 France 3&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Frédéric Taddéï -  Vous êtes le penseur le plus critiqué actuellement, peut-être aussi le plus redouté Alain Badiou. On vous redoute peut-être à cause de votre influence. Vous êtes quelqu’un qu’on ne voit pas à la télévision, vous ne touchez pas le grand public habituellement mais vous avez de l’influence sur les étudiants, sur les intellectuels. Vous êtes professeur de philosphie à Normale-Sup, vous avez des séminaires de philosophie dans toute l’Europe, en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et on vous compare à Robespierre et à Saint-Just, souvent. On vous accuse d’être le dernier penseur révolutionnaire....&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Je n’ai quand même fait couper aucune tête&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Pas encore, pas encore, disent vos adversaires...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB C’est une comparaison qui à certains égards est honorable pour un penseur d’aujourd’hui. Vous dîtes que je suis redouté, tant mieux peut-être, je ne m’en rends pas vraiment compte, pour le moment je développe mon œuvre, je développe ma pensée, je dis ce que je crois être vrai... c’est ma fonction de philosophe&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;FT Quand on vous compare à Robespierre et à Saint-Just, vous savez bien ce que ça veut dire Alain Badiou, c’est qu’on dit que vous seriez capable de faire couper des têtes et que finalement dans vos écrits, il y a peut-être ça&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Je n’ai pas l’impression que quand les gens lisent mes écrits ils ont la pulsion immédiate de couper des têtes. Ce sont pour la plupart des œuvres assez complexes, philosophiques, conceptuelles, plutôt dans la tradition de Platon ou de Descartes ou de Hegel et après tout la vérité est toujours quelque chose d’un peu redoutable, c’est peut-être elle qui fait peur, plutôt que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Vous annoncez, est-ce la vérité ? le retour de la violence, est-ce que ça veut dire que vous la souhaitez ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Je n’annonce pas le retour de la violence. Je dis que la violence est au présent. Ce n’est pas la même chose. Contrairement à ce qui est dit, notre société est une société de violence. Je suis lié quotidiennement à des ouvriers sans papiers des foyers, ils vivent dans le climat permanent de la violence qui leur est faite. Notre société n’est nullement pacifique, le monde l’est encore moins. Des guerres extrêmement sanglantes et violentes se déroulent sur le continent africain, en Irak, en Afghanistan, etc... Je constate simplement que la violence est là. Et on ne peut pas faire comme si elle n’était pas là par conséquent aussi bien en politique qu’en philosophie, il faut réfléchir à cette présence de la violence , à son devenir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Vous laissez entendre Alain Badiou qu’à cette violence que subissent les opprimés ils vont répondre par une violence encore plus grande&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Ecoutez, ce n’est pas exactement ce que je dis mais je crois que d’une façon générale les opprimés n’ont qu’une seule arme , c’est leur discipline. Ils n’ont rien, ils n’ont pas d’argent, ils n’ont pas d’armes, ils n’ont pas de pouvoir. La seule force qu’ils puissent avoir c’est celle de leur organisation et de leur discipline. Ce n’est donc pas tant à la violence que j’appelle qu’à l’organisation, à la cohésion et à l’unité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT On vous a soupçonné aussi d’antisémitisme. On vous a reproché entre autres d’avoir organisé un séminaire sur le mot juif&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB D’abord factuellement c’est un mensonge pur et simple : je n’ai organisé aucun séminaire sur le mot juif et deuxièmement je voudrais être un peu grave là dessus : l’accusation d’antisémitisme à mes yeux est une calomnie absolument insupportable. Ce n’est pas un mot que l’on peut manier comme ça comme « dogmatique », « sceptique », ou etc... C’est une véritable insulte et je tiens à dire que quiconque dit que je suis antisémite sera considéré par moi comme quelqu’un qui m’insulte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Vous publiez un livre Alain Badiou qui s’intitule « De quoi Sarkozy est-il le nom ? » Ce n’est pas une question que vous posez, ce n’est pas un livre de plus sur Nicolas Sarkozy. Donc on peut tout de suite répondre à la question. De quoi pour vous sarkozy est-il le nom, il est le nom de la peur et de la guerre. Alors la peur de qui ? et la guerre contre qui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Alors je pense qu’il est le nom d’une société qui a peur en effet et qui demande qu’on la protège. Je sens dans cette société la demande d’un maître protecteur qui sera justement capable d’user aussi de violence contre ceux dont vient la peur. Cette peur vient à mon avis de ce que la France est aujourd’hui après une longue histoire glorieuse, après tout , est aujourd’hui une puissance moyenne dotée de privilèges et de richesses considérables mais c’est une puissance moyenne dans un monde qui est dominé par des colosses émergeants comme la Chine ou l’Inde ou des puissances considérablement plus fortes comme les Etats-Unis. Par conséquent l’avenir de la France est incertain. Nous ne savons pas où va ce pays. Il sait qu’il a un grand passé mais il doute qu’il ait un grand avenir. Et ça crée un sentiment de peur, un sentiment de refermement , une demande de protection et Sarkozy est un des noms de ce phénomène. Le vote pour Sarkozy est une demande de protection.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Et la guerre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Et la guerre, alors là je pense qu’il y a une double guerre aujourd’hui, il y a une guerre menée à l’extérieur on voit de plus en plus nettement que Sarkozy c’est aussi le ralliement progressif de la France aux guerres qui sont menées dans le monde , l’engagement en Afghanistan, la soumission aux Américains dans les guerres qu’ils entreprennent notamment en Irak et que la guerre intérieure, c’est une guerre renforcée contre les plus faibles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT C’est à dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB C’est à dire ceux qui n’ont pas de papiers, ceux qui n’ont pas d’argent, ceux dont le travail est dur et ingrat, ceux qui viennent d’ailleurs parce qu’ils ne peuvent pas vivre là où ils sont, tous ceux là on va les ficher, leur demander des règlements nouveaux, les soumettre à des lois oppressives. La loi CESEDA sur la condition du séjour des étrangers est une loi que je n’hésite pas à qualifier de scélérate, c’est une loi de ségrégation, c’est une loi de persécution et il faut en demander l’abrogation. Sarkozy est le nom de tout cela. Après tout, avant d’être candidat aux présidentielles il a été longuement le chef général de la police.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Ministre de l’intérieur ...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Voilà...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT La peur, vous dîtes : c’est le pétainisme. On nous rejette toujours le pétainisme. Il s’est arrêté un jour le pétainisme ? Ou est-ce qu’il est là depuis toujours ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Le pétainisme est une donnée fondamentale de la France à mon avis depuis la Restauration de 1815. Le pétainisme ce sont des gens qui préfèrent la vassalisation aux troubles intérieurs, c’est la réaction de gens qui ont peur de ce qui se passe à l’intérieur du pays et qui pour parer à cette peur acceptent des contraintes, des ségrégations ou des persécutions nouvelles. C’est ça le pétainisme dans sa signification la plus générale. Dans le cas de Pétain, c’est particulièrement prononcé parce que c’est évidemment les gens qui avaient eu une peur terrible du front populaire qui ont finalement préféré l’occupation allemande à la continuation de la lutte. Mais de manière générale, le pétainisme c’est ça, c’est la politique de la peur. Je pense que Sarkozy en est un représentant soft.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Alors Alain Badiou vous avez une théorie de « l’invariant ». On ne va pas rentrer dans les détails, c’est un peu compliqué on va laisser ça à ceux qui lisent vos livres. Néanmoins, il y a « l’événement », vous attendez les évènements. Les évènements plus importants que d’autres. En France, on pourrait dire que le dernier événement important ça a été Mai 68 à vos yeux...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB A titre d’événement interne, je pense, oui...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Vous attendez le prochain. Comment va-t-on reconnaître cet événement ? Celui qui se prépare d’après vous ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Oh vous savez, je ne sais pas si un grand événement se prépare de façon immédiate. Avant de préparer les évènements à venir, il faut être fidèle à ceux du passé. C’est à dire il faut être fidèle par exemple à mai 68 et donc s’opposer à une thèse fondamentale de Sarkozy qui est comme vous le savez qu’il « faut en finir avec mai 68 une fois pour toutes ». Nous pouvons opposer « être fidèle à ce qui a été enseigné de nouveau pendant mai 68 ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Je vous interromps mais en mai 68 il y avait une tendance libérale-libertaire, plutôt bourgeoise, j’imagine que vous n’êtes pas favorable à cette tendance là ? Vous étiez plutôt de la tendance marxiste-léniniste, maoiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Oui. J’étais d’une tendance qui cherchait une liaison, une unité entre les intellectuels, les étudiants et les ouvriers et les gens du peuple, certainement. Je pense encore aujourd’hui que c’est de cette unité possible que dépendent les évènements véritables. D’un point de vue interne, c’est toujours de nouveaux trajets dans la société elle-même. C’est la rencontre entre des gens qui d’habitude ne se rencontrent pas. Mai 68, ça a été ça à grande échelle la rencontre entre des gens qui dans la vie sociale régulière ne se rencontrent pas. Et c’est cette rencontre qui fait l’événement. Tout événement est une rencontre. L’événement amoureux c’est une rencontre. L’événement historique aussi est une rencontre. La rencontre de gens qui n’ont pas l’habitude de se rencontrer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Là ce serait qui, maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Je pense que ce serait une partie de la jeunesse, des intellectuels, des petits salariés français et puis de ceux qui sont les persécutés premiers c’est à dire les gens de provenance étrangère, et puis ceux qui n’ont aucun travail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Ce sont eux, pour vous les Sans-culotte de la prochaine révolution, ce seraient les immigrés, en particulier les clandestins, les sans-papiers, les réfugiés ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Je ne sais pas si la prochaine révolution aura des sans-culotte. Rien ne se répète comme tel mais en tous cas, c’est ceux qui n’ont rien qui sont le plus capables de devenir tout. L’Internationale chantait cela, nous ne sommes rien, soyons tout. Je pense que n’être rien, devenir tout, c’est cela l’événement. Ceux qui n’étaient rien, qui n’existaient pas, qui n’apparaissaient pas, tout à coup on constate qu’ils sont là et qu’ils occupent une position essentielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Vous citez l’Internationale et votre livre se termine par cette prophétie, l’avenir pour vous c’est le communisme. Alors le communisme est-il pour vous celui de Lénine, celui de Mao, c’est le même ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Non je pense que c’est un communisme en un sens général et invariant. Au fond j’appelle communisme, et c’était déjà le sens que lui donnait Marx au début, une société qui est délivrée de la règle des intérêts. Une société dans laquelle ce qu’on cherche, ce qu’on fait, ce qu’on veut n’est pas réglé de bout en bout par les intérêts individuels ou les intérêts de groupe. C’est ça le communisme. Le communisme c’est aussi la société où tout le monde est polyvalent. C’est à dire où il n’y a pas de division du travail organisée entre ceux qui sont intellectuels, riches etc... et ceux qui sont en bas. C’est une société où tout le monde fait un peu toutes choses. Le communisme c’est le nom de cela. De ce point de vue il existe peut-être depuis très longtemps. Je pense que dans la révolte des esclaves contre les Romains, la révolte de Spartacus, il y avait déjà un élément de communisme. Il y avait déjà la revendication que l’on compte tout le monde, que tout le monde existe dans une figure égalitaire et ça c’est une idée, ça n’a pas à être un programme mais sans cette idée, je pense que la vie politique n’a aucun intérêt. Elle n’a aucun intérêt parce qu’elle consiste à savoir comment on va négocier entre les intérêts des uns et des autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Vous ne croyez pas au suffrage universel ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Le suffrage universel à mon avis est comme toute chose. Il faut le juger non pas du point de vue de sa forme mais du point de vue de son contenu. Je voudrais rappeler par exemple que c’est tout de même une assemblée tout à fait régulière qui a investi le maréchal Pétain en 1940, c’est une assemblée régulière qui a désigné Hitler dans l’Allemagne de Weimar. Le suffrage universel ça peut avoir des résultats tout à fait intéressants et ça peut avoir des résultats désastreux. Donc moi je juge sur pièces.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Le communisme, c’est la même chose, c’est une idée..&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Evidemment&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT On l’a jugée sur pièce à la hauteur des cadavres, des prisonniers, des goulags...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Mais le communisme-léninisme a eu une formule particulière. Il ne s’est pas du tout résumé à ce dont je parlais. Il a proposé une formule de l’Etat. Il a proposé que le parti unique domine l’Etat. Ça a été le moyen de la victoire de l’insurrection en 1917 mais nous ne sommes plus en 1917. Nous n’avons pas les problèmes immédiats de victoire de l’insurrection, nous sommes délivrés de cette figure du communisme et nous pouvons revenir à ce que j’appelle le communisme générique, c’est à dire le communisme comme idée régulatrice de l’action.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;FT Mais ce communisme là appelle un homme nouveau. On sait aussi que des communistes ont pensé l’homme nouveau en tous cas c’est comme ça qu’on explique le génocide des Khmers rouges par exemple. Est-ce que vous pensez que ce communisme dont vous rêvez nécessite un homme nouveau ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;AB Je ne pense pas du tout. Je pense qu’il faut faire avec les hommes tels qu’ils sont. Avec la capacité des hommes tels qu’ils sont. S’opposent deux visions de ce dont l’homme est capable. En réalité dans le capitalisme modernisé, la conviction est que l’homme est principalement capable de poursuivre ses intérêts. Et le communisme c’est au fond l’idée que l’homme est aussi capable d’autre chose. Il est capable de désintéressement, il est capable d’une organisation sociale qui a d’autres buts que celui de la perpétuation de sa puissance. Je pense que c’est avec cet homme capable de cela qu’il faut faire et non pas en forgeant un mythique homme nouveau.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>&quot; LES AMÉRICAINS ONT PEUR… [ de leur Etat policier ] ET ILS N’ONT PAS HONTE DE LE DIRE &quot; Naomi Wolf</title>
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    <pubDate>Mon, 15 Oct 2007 22:05:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>P B</dc:creator>
        <category>etat policier</category><category>peur</category><category>usa</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://libertesinternets.wordpress.com/2007/10/13/naomi-wolf-les-americains-ont-peur-et-ils-nont-pas-honte-de-le-dire/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Libertesinternet&lt;/a&gt; - Voici un texte fondamental pour comprendre le danger totalitaire qui guette la société aux Etats-Unis…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[par Naomi Wolf - 10/10/2007 - Trad. Grégoire Seither]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[…] (Naomi Wolf est l’auteur de l’ouvrage “The End of America: A Letter of Warning To A Young Patriot”.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis quelques mois je parcours l’Amérique, du Colorado à la Californie, et je parle avec des Américains de toutes les couches de la société sur les questions des libertés, sur les attaques qu’elles subissent en ce moment et sur le programme en dix étapes qui est en cours pour faire de ce pays une société fermée et répressive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bonne nouvelle est que les Américains se sont réveillés et sont conscients des dangers qui les guettent. Quand je me suis mis en route je pensais que j’allais affronter de l’opposition, de la résistance ou au moins de l’incrédulité quand je parlerais de l’obscurité qui s’étend lentement sur notre pays et l’héritage de liberté que nous ont légué nos ancètres.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Mais je me retrouve à parler devant des assemblées qui n’ont pas besoin de moi pour être inquiètes. Des gens qui ont peur, qui ont perçu depuis longtemps le danger qui grandit et la société qui se prépare.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A mon grand soulagement, j’ai redécouvert une société américaine qui est intelligente et alerte, courageuse et indomptable, des gens qui n’ont pas peur d’entendre des mauvaises nouvelles et d’agir en conséquence. Et ce sont des patriotes, des vrais, qui aiment leur pays à cause des valeurs sur lesquelles il a été construit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je suis écorchée vive par les histoire que l’on vient me raconter lors de ces réunions. Et je n’arrive plus à lire mes mails ces derniers temps, tellement ils sont pleins de témoignages effarants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et partout où je vais, il y a toujours, au moins une fois par jour, une personne dans l’assemblée qui se lève pour parler. Elle a toujours l’air solide et forte, courageuse… et soudain elle va se mettre à pleurer, submergée par la peur, au beau milieu de son témoignage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre jour, à Boulder, une jeune mère de deux deux enfants, la trentaine, l’image même de la jeune américaine dynamique, s’est effondrée alors qu’elle me parlait : “Je suis outrée par tout ce que j’entends et vois, je voudrais tellement faire quelque chose ! Mais j’ai tellement peur. Je regarde mes enfants et j’ai peur. Comment lutter contre cette peur qu’ils ont planté en nous ? Qu’est ce qui est mieux pour l’avenir et la sécurité de mes enfants ? Est-ce que je dois agir et tenter de changer les choses ou bien me taire et ne pas me faire remarquer ? J’ai tellement peur de me retrouver fichée quelque part.“&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Washington DC, la semaine dernière, un directeur de service dans une administration, ancien joueur de foot, beau gosse, probablement membre du Parti Républicain, m’a confié, loin des micros, qu’il avait peur de signer le papier autorisant le FBI d’accéder à toutes les informations le concernant, comme l’y encourage l’agence anti-terroriste. “Mais en même temps, j’ai peur de ne pas la signer, si je ne le fais pas, je risque de perdre mon boulot, ma maison… c’est comme en Allemagne lors du fichage des fonctionnaires” me dit-il d’une voix résignée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin, à Denver, j’ai parlé pendant plus d’une heure avec un très haut et très courageux gradé de l’armée, hautement décoré qui s’est retrouvé sur la liste des personnes surveillées (et interdites de prendre l’avion) parce qu’il a critique la politique de l’Administration Bush. Il m’a montré des documents qui prouvent que non seulement il est surveillé par les services secrets mais que toute sa famille est également espionnée et harcelée. Tout au long de sa carrière militaire, cet officier a mené de nombreuses missions très dangereuses au service de son pays, mais aujourd’hui, quand il me parle de sa crainte que ses enfants soient harcelés par le gouvernement à cause de ses opinions, sa voix se brise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ailleurs je suis abordé par un avocat qui travaillait pour le Ministère de la Justice. Un jour elle s’est opposée à “l’interrogatoire musclé” d’un détenu qui subissait une technique reconnue comme étant de la torture. Non seulement elle s’est retrouvée devant une commission de discipline mais en plus elle a été sujette à une enquête criminelle, a perdu de l’avancement, a vu son ordinateur fouillé et ses mails effacés… et maintenant elle est sur la liste noire et ne peut plus prendre l’avion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors d’une conversation dans une soirée un technicien informatique travaillant pour une grande compagnie aérienne - et qui ne fait pas mystère de sa sympathie pour le Parti Républicain - m’explique qu’une fois que vous êtes sur la liste, il est impossible d’en sortir. “Même si on te dit que ton nom est effacé, ce n’est pas vrai, nous avons un système double qui n’efface jamais rien.”&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elisabeth Grant, de la coalition contre la guerre, a montré lors d’une conférence de presse la note manuscrite et le petit drapeau américain retrouvé dans sa valise après un voyage en avion. La note disait que l’agence anti-terroriste n’appréciait pas ses lectures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme à l’époque du Mur de Berlin, quand je fais le queue pour me faire fouiller dans les aéroports, je me surprends à passer une nouvelle fois en revue le contenu de mon sac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre jour, à New-York, je me suis fait violence en jetant à la poubelle un exemplaire du dernier livre de Tara McKelvey “Monstering” que j’étais entrain de lire. Cet excellent ouvrage dénonce les pratiques d’interrogation utilisées par la CIA. Malgré le fait que j’avais acheté le livre dans une librairie grand public en ville… on ne sait jamais, il contient des informations “classifiées” et on pourrait m’accuser de faire le jeu des terroristes en les lisant.&lt;br /&gt;(…)&lt;br /&gt;Dans mon Amérique à moi, celle qu’on m’a apprise à l’école, on ne se comporte pas comme ça.&lt;br /&gt;(…)&lt;br /&gt;Et tout le monde me pose la même question : que pouvons nous faire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette avalanche de témoignages d’abus et d’atteintes aux libertés des citoyens américains montre clairement qu’un réseau criminel et de surveillance est entrain de prendre de plus en plus de citoyens innocents dans ses filets. Il est évident que ceci n’a rien à voir avec la démocratie — ni même avec l’habituelle corruption de la démocratie. Et il est clair que nous aurons besoin d’une action plus énergique que de simplement envoyer des lettres à notre député.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les gens qui viennent témoigner ne sont pas des illuminés anarchistes, Ils sont de toutes les obédiences politiques, conservateurs, apolitiques, progressistes. La première régle d’une société en cours de fermeture ou bien déjà fermée est que ton alignement avec le parti politique au pouvoir ne te protège en rien; dans un véritable état policier, personne n’est à l’abri.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lis mon journal le matin et je n’en reviens pas :&lt;br /&gt;Sept soldats ont publié une lettre dans le New York Times pour critiquer la guerre : peu de temps après, deux sont morts dont un d’une balle dans la tête tirée à bout portant.&lt;br /&gt;Une femme comptable de l’armée qui voulait dénoncer les abus et détournements financiers est morte dans son baraquement, abattue d’une balle dans la tête, ici aussi à bout portant.&lt;br /&gt;Pat Tillman, qui avait écrit un mail à un ami où il envisageait de dénoncer des crimes de guerre dont il avait été témoin : une balle dans la tête.&lt;br /&gt;Donald Vance, un employé de l’armée qui avait dénoncé des trafics d’armes au sein de l’armée en Irak — kidnappé par des soldats US à l’intérieur même de l’Ambassade US de Bagdad et enfermé et torturé pendants des semaines sur une base militaire US, sans accès à un avocat — et officiellement menacé des pires représailles s’il parlait à quiconque à son retour au pays.&lt;br /&gt;Et dans le dernier numéro de Vanity Fair un sous-traitant de l’armée qui avait dénoncé des malversations raconte qu’il a été kidnappé par des soldats US masqués et armés, passé à tabac toute une nuit dans un préfabriqué avant d’être expulsé d’Irak le lendemain. L’administration militaire a refusé d’entendre sa plainte et l’a fait éjecter du bureau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce matin le New York Times écrit que le Département d’Etat (employeur des mercenaires de Blackwater USA) refuse officiellement de coopérer avec le Ministère de la Justice ou le FBI dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de 17 civils irakiens innocents. La Maison Blanche soutien l’attitude méprisante du Département d’Etat vis à vis de la justice de ce pays.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas une information anodine. Mes lecteurs qui ont retenu quelque choses de l’histoire du XXè Siècle seront horrifiés mais pas surpris. La “Deuxième Etape” de la fermeture d’une société ouverte est la démonstration par l’Etat aux citoyens que la force paramilitaire est au dessus des lois du pays et que la loi ne peut donc plus servir de refuge à la dissidence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En permettant au FBI et à la CIA d’arrêter n’importe quel citoyen américain et de le priver de ses droits légaux, le Ministre de la Justice a fait comprendre aux citoyens américains une leçon très simple : Nul d’entre vous n’est à l’abri de l’arbitraire d’Etat. Nous pouvons venir comme cela nous chante, enfoncer votre porte et vous faire disparaître pour toujours… en toute légalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(…)Si l’administration de ce pays annonce publiquement qu’elle ne sanctionnera pas les agissements criminels de ses propres employés en Irak et fera obstacle à la justice — alors est ce que les députés du Congrès auront le courage d’affronter les agissements similaires de Blackwater quand cette société remportera le contrat qu’elle convoite, celui de la sécurité intérieure aux Etats-unis ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou bien cette force paramilitaire et protégée par l’Etat sera t’elle assez puissante pour intimider nos représentants — et nous mêmes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que nous oserons encore manifester dans la rue si nous savons que nous risquons de recevoir le même traitement que les civils de Bagdad, mitraillés depuis des hélicoptères de Blackwater ? Est-ce qu’un député osera proposer une loi contre Blackwater s’il sait qu’il peut se faire tuer d’une balle dans la tête, en toute impunité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(…) N’oubliez pas que, dans la situation actuelle, le Department of Homeland Security a le droit légal de déployer les mercenaires de la société Blackwater dans votre ville dès ce soir. (…)&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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