J'aime utiliser les mots pour préciser ma pensée et essayer de la porter à la connaissance de mon environnement. Cette tâche citoyenne m'apparaît comme nécessaire pour éclairer les mécanismes à l'oeuvre pour réguler la société planétaire dans laquelle j'évolue. La compréhension desdits mécanismes s'impose à moi comme une obligation afin de conserver ma dignité. M'y dérober reviendrait à abdiquer ma capacité à comprendre et à agir librement. Pour être libre, autant que faire se peut, nous avons besoin de connaisances de base sur les forces en présences dans le mouvement du monde.
A ce stade, le lecteur songera peut-être à me faire remarquer que le monde dans lequel nous vivons est assez transparent comme cela grâce aux informations que nous déversent les média à longueur de journée. Justement, ma réflexion personnelle m'a appris à ne pas me contenter des infos diffusées par les mass-média. La première raison en est que les mass-média occupent une place centrale dans le fonctionnement dudit système ; par conséquent le système se fait en partie par eux et pour eux.
Autrement dit, en vertu d'une règle élémentaire empruntée à la sagesse populaire qui veut qu'on ne se tire pas une balle dans le pied de son plein gré, je ne puis m'en remettre aux médias pour pratiquer une analyse complète du système où nous vivons. Au-delà de la question de la partialité des médias, je pense qu'une des premières entraves à la diffusion d'une information exhaustive et objective, outre le fait qu'elle n'existe pas, réside tant dans les liens de subordination qui lient les journalistes à leurs employeurs que dans l'inconscient des journalistes: nul n'est jamais spontanément enclin à savonner la planche sur laquelle il gravit la pente de l'existence.
De tels reflexes conservateurs sont à l'oeuvre en chacun de nous. Ils empêchent certaines questions d'affleurer au niveau de notre conscience. Comme celles d'un questionnement des conditions de ma qualité de vie. Naturellement, plus j'occupe une position confortable en termes de revenus salariaux et symboliques (pouvoir, prestiges, avantages indirects liés à une situation donnée), moins j'ai de raison d'analyser en profondeur les conditions de ma condition.

A ce stade, je ne puis faire autrement que de mener ma propre investigation pour comprendre l'environnement planétaire dans lequel je vis. Bien évidemment, je ne prétends pas davantage à l'objectivité pour le même motif qu'en tant qu'humain je suis nécessairement et rédhibitoirement handicapé dans toute quête de connaissances à laquelle je souhaite m'adonner. Comme tout un chacun, je possède mes priorités déterminées d'après des mobiles parfois complexes à démêler proprement.
Ceci admis, mon effort pour déployer ma propre compréhension des principaux mécanismes de régulation du fonctionnement du monde n'en demeure pas moins indispensables pour progresser vers l'élaboration d'une compréhension plus large, plus riche des conditions d'existence des différentes catégories de population peuplant la planète. Il y va de la défense de mes intérêts en cela que n'appartenant pas à l'une des catégories où se recrutent les principaux promotteurs et bénéficiaires du sytème en place, je ne puis m'en remettre à eux pour défendre mes intérêts avec autant d'ardeur que lorsqu'ils défendent les leurs. Il n'y a là rien que de logique.
Logique peut-être et pourtant force est de constater qu'un grand nombre de citoyens font l'économie de cette réflexion personnelle. Feignant de croire en l'infaillibilité des dirigeants formés dans les hautes-écoles et qui présentent si bien sur eux, ils préfèrent ainsi se dispenser d'une démarche coûteuse en temps et en énergie.
J'ai donc opté pour une autre démarche, insatisfait que je suis par l'ordre établi où les richesses croissent en même temps que le nombre de pauvres. Pour m'assister dans mon entreprise d'élucidation je bénéficie d'une connexion Internet et des outils de diffusion de la connaissance mis en oeuvre sur la Toile : là je ne résiste pas à vous faire part de mon enthousiasme. Internet, c'est véritablement une caverne d'Alibaba de l'information au service de la connaissance. Et ça marche dans les deux sens.
C'est précisément pour cette raison que vous me lisez en ce moment au même titre que n'importe qui à n'importe quel endroit de la planète à n'importe quel moment de la journée et cela 365 jours sur 365 peut lire n'importe qui pour une somme franchement accessible à la plupart des bourses (à condition d'avoir accès à un média adéquat).
Ainsi, l'acheminement matériel du contenu n'est plus un obstacle décisif dans le processus de diffusion d'un message. Mais une fois parvenu à destination le message doit franchir une autre barrière : celle des filtres du lecteur. Tout un chacun lit un message et l'interprète non seulement avec un dictionnaire, mais avec un capital existentiel : son propre vécu, ses valeurs, ses opinions politiques, ses propres peurs, etc. L'un des atouts dont bénéficient les fabricants de messages diffusés par les mass-média traditionnels est l'aura de compétence et de respectabilité que confère le statut de cet outil : être invité à s'exprimer sur un plateau de télé, dans un studio de radio ou dans les colonnes d'un journal ou d'un magazine de renom équivaut à avoir franchi avec succès un processus de sélection. De ce fait, le discours fait autorité.
Présentement, mon discours souffre à l'inverse de son statut d'auto-publication. Pour ce seul motif, une part non négligeable du lectorat potentiel ne le lira pas car ma prose ne possède pas la distinction octroyée à tout message frappé du sceau des mass-média. D'autre part, il est évident que ma prose ne possède pas la qualité "littéraire" des habitués des mass-média. Par conséquent, la moindre qualité du flacon tend à ternir les idées développées.