Réponse à ceci : "Si vous vous signalez sur mon adresse personnelle au Sénat, je comprendrai enfin la raison de la rancune tenace dont vous semblez m'accabler. Elle ne me blesse pas, j'ai le cuir épais. Elle m'intrigue seulement, car vous me semblez le porte parole dissimulé d'une cause frustrée. S'agissant de votre remarque sur mon commentaire : j'ai clairement donné ma source : je l'avais copiée sur la 4ème de couverture, ne me faites pas l'honneur d'être capable d'écrire aussi bien ! AL"

M. Lambert, vous percevez à juste titre une adversité pugnace à travers mes commentaires. Là où votre analyse est erronée c'est dans le fait qu'il ne s'agit pas d'une "rancune" dont je vous poursuivrais. Il s'agit de l'expression d'un profond décalage dans la perception que nous avons de la marche de ce monde. Et comme vous tenez ce forum, je vous fais l'honneur, à défaut de plaisir, de m'y exprimer.

Ensuite, si je vous semble le "porte parole dissimulé d'une cause frustrée", c'est peut-être parce que, bien que n'étant pas mandaté pour cela, j'exprime un discours élaboré à partir d'un vécu dont je n'ai pas l'exclusivité.
En tant que citoyen je peux éprouver parfois de la frustration qui n'est naturellement pas sans incidence sur mon existence et vice-et-versa. Elle n'en est pas moins légitime.
On ne choisit pas entièrement son vécu, loin s'en faut. On agit en partie à partir de ce vécu. Mes interventions ici sont une des formes que peut prendre cette action. Nous sommes dans le champs politique où se confrontent les discours variés qui eux mêmes prennent leur source dans des vécus différents.

Votre remarque sur la frustration me rappelle la déclaration tonitruante du conservateur bavarois Edmund Stoiber pendant la campagne des dernières législatives allemandes. Il avait déclaré en substance : "on ne va pas se laisser em... par les frustrés de l'Est". Non pas que je vous prête pareille pensée. Mais je me demande si à vos yeux, comme à ceux de M. Stoiber, la frustration ne semblerait pas de nature à déligitimer l'intervention dans le champs politique des citoyens qui seraient en désaccord profond avec les "non frustrés" sur la façon de faire de la politique ?

Et pourtant, le Littré propose la définition suivante de frustrer : "Priver quelqu'un de ce qui lui est dû, de ce qui lui doit revenir, de ce qu'il espère."
N'est-ce pas là un des nobles motifs de participer à la vie politique de la cité mondialisée ?

source : http://www.alain-lambert-blog.org/index.php?2006/06/07/528-votre-devoir-est-de-vous-taire-par-alain-etchegoyen&cos=1