[ INFORMATION / MANIPULATION ] L’INSEE ou l’organisation de l’opacité. Au profit de qui ?
Par P B le mercredi 3 janvier 2007, 19:03 - Lien permanent
Source [ site de Luc Douillard ] : http://lucky.blog.lemonde.fr/2007/01/03/linsee-ou-lorganisation-de-lopacite-au-profit-de-qui/
L’INSEE ou l’organisation de l’opacité. Au profit de qui ? Dans un article daté d’aujourd’hui mercredi 3 janvier 2007, le « Canard Enchaîné » revient sur les derniers grands errements prévisionnels de l’INSEE. Encore un service public d’importance stratégique géré en dépit du bon sens par des petits chefs inaptes et dans la complicité des micro-féodalités corporatives. (« Les comptes à dormir debout de l’Insee », par Alain Guédé, page 3.)
Le métier de l’Institut statistique national est éminemment politique : il consiste à enquêter et à comprendre pour prévoir. Rôle indispensable, pour éclairer à la fois le décideur et le citoyen de base. Le Canard rappelle les piètres résultats des statisticiens de l’INSEE, comparés à de « l’art divinatoire », qu’il s’agisse des taux de croissance, ou de la population active. La fameuse année du « basculement » (sorties plus nombreuses que les entrées sur le marché du travail, qui devait enfin soigner le chômage comme par magie) prévue d’abord pour 2007, a été renvoyée à 2015, voire à 2050 ! (Et encore, on ne dit rien dans cet article sur une société française qui est incapable d’estimer, à plusieurs millions d’unités près ( !) ses abstentionnistes et non inscrits sur les listes électorales, alors que dire des sans-logement ou des exclus de la CMU…)
On rigolerait des prévisionnistes de l’INSEE s’il ne s’agissait pas de prévoir les logements, les places de crèches, les écoles, l’énergie, les moyens de transport… En matière de natalité, l’INSEE selon le Canard, s’ingénie à annoncer qu’une femme donnerait naissance en France à 1,8 enfants, alors qu’on en est déjà à 1,9 (et même peut-être à 2 selon l’INED, ce qui rapproche du fameux taux de renouvellement des générations). Prix de l’erreur, une paille : d’ici 40 ans, la France ne compterait pas 65 millions d’habitants, comme l’affirmait l’INSEE, mais 70 millions. Un « tsunami » à prévoir en matière de logement.
Mais aussi un cadeau du ciel en matière de retraites : « Alors que Fillon annonçait un rapport de 1,1 actif pour un retraité en 2040, le nouveau chiffre est de 1,4 actif. Les syndicats, eux, rient jaune. « Fillon nous a manipulés. Il a fait passer sa loi en force, en brandissant des chiffres faux », hurle un dirigeant syndical d’ordinaire plutôt conciliant. » Il est vrai que le taux exceptionnel de natalité de la France, unique parmi tous les grands pays européens, cadre mal avec les préjugés des déclinistes pseudo-libéraux, qui voudraient condamner la France à l’enfer du confort morbide, de la faillite inexorable, du aux prétendues « rigidités » mentales et au vieillissement.
Damned, les femmes françaises sont étonnantes : à la fois actives, épanouies et fécondes, à faire pâlir de jalousie tout pervers des marchés financiers anglosaxons, décidé à châtier la vieille nation qui a osé dire non, seule mais à temps, à l’AMI puis au TCE (Accord multilatéraux d’investissements, Traité constitutionnel européen, cette double tentative de meurtre sur la démocratie internationale et les idéaux sociaux de la Résistance antifasciste.) Bref, on le sait, au-delà de ces péripéties peu glorieuses pour notre université et nos instituts statistiques, nous assistons à une tendance lourde de l’anthropologie de nos élites (du haut d’en bas, depuis l’INSEE jusqu’au journal télévisé de TF1) : Organiser sciemment l’opacité et l’illisibilité de la société et de son devenir. Au profit de qui ? L. D.
Pour en savoir plus
Bilan démographique 2005 : En France, la fécondité des femmes augmente toujours
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En 2005, les naissances ont augmenté au même rythme qu’en 2004 (+ 0,9 %) : le nombre de naissances atteint ainsi 807 400, soit un niveau proche de celui de 2000 (808 200 naissances) (tableau F1). La tendance à la hausse qui prévaut depuis 2003 se confirme donc.
Pourtant, le nombre de femmes de 20 à 40 ans, qui mettent au monde 96 % des enfants, continue de baisser (- 0,4 % entre 2004 et 2005). Mais cette baisse est plus que compensée par le fait que les femmes ont en moyenne plus d’enfants qu’au cours des années précédentes : en 2005, l’indice conjoncturel de fécondité est de 194 enfants pour 100 femmes contre 192 en 2004 (tableau F8).
Avec un tel niveau, la France se situait en 2004 au deuxième rang des pays de l’Europe des 25, juste derrière l’Irlande (avec 199 enfants pour 100 femmes). Ces deux pays sont toujours en tête, loin devant la moyenne européenne (150). Parmi les pays de l’Union européenne, la Finlande, le Danemark, la Suède, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Luxembourg ont un indice supérieur à 170. À l’inverse, la Grèce, la Hongrie, la Lituanie, la Slovaquie, la Lettonie, la République Tchèque, la Pologne et la Slovénie présentent la fécondité la plus basse, avec moins de 130 enfants pour 100 femmes. En Espagne, en Italie, en Allemagne et à Malte, l’indice est compris entre 130 et 140 enfants pour 100 femmes.
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Source : http://www.insee.fr/fr/ffc/pop_age4.htm
Les chiffres sur la natalité et fécondité dans divers pays du monde en 2006 présentés dans un tableau
Source : http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?tab_id=37
La vitalité démographique de la France peut être mise en parallèle avec l'atonie du taux de fécondité des Japonais : 1,27 en 2006 (lire ici)


