Ce qui est mis en cause, avec dans la rentabilisation forcée de l'hôpital concoctée par les technocrates, c'est le rapport au malade comme personne. Dans une vision du travail hospitalier réduit à ce qui se fait dans n'importe quelle entreprise, ce qui compte ce sont les actes techniques codifiables et rationalisables. Le reste du travail, et en particulier le temps passé avec le malade, n'est plus compté que comme une dépense inutile. Le malade ,malgré les beaux discours sur les droits, est réduit à son affection qu'il faut traiter indépendamment de sa personne.
Heureusement, le personnel hospitalier, dans toutes ses catégories, résiste à cette rationalisation. C'est cette désobéissance qui rend l'hôpital vivable, qui rend au malade son existence humaine.
Les hospitalier le payent en termes de déconsidération, de conditions de travail, de fatigue...
Cette résistance, fondé sur la culture du service public, ne durera pas et c'est tout notre système de santé qui est menacé à terme.
Nous ne pouvons laisser aux seuls personnels hospitaliers la responsabilité de répondre seul à ces menaces.
Comme patient je suis reconnaissant de ce qu'ils (elles) ont fait pour moi, même ces petits gestes qui paraissent dérisoires mais sont bien utiles pour tenir.
Comme militant je les admire et je pense que nous avons une responsabilité à apporter avec eux des réponses qui nous évitent la faillite totale de l'hôpital public pour le plus grand profit de ceux qui se font de l'argent sur la santé- marchandise pour ceux qui peuvent payer.
Si nous voulons que la santé reste un bien commun pour toutes et tous, il faut vite sauver le service public en s'appuyant sur ses personnels.

Etienne Adam
malade antilibéral