Le vice-chancelier et ministre du Travail de l'Allemagne, qui occupe la présidence de l'Union européenne (UE), Franz Müntefering, a déclaré que la composante "sécurité" ne devait pas être oubliée du concept de "flexécurité" dans les rapports sociaux.

"En Europe, nous menons des discussions sur la flexécurité, ce terme doit aller dans la bonne direction, il n'est pas acceptable qu'on s'accorde sur la flexibilité sans assurer la sécurité", a déclaré M. Müntefering devant le congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES) à Séville (Espagne).

La "flexicurité" est un concept supposé mêler souplesse pour les entreprises et protections pour les travailleurs.

"Il faut façonner le changement" inévitable, même si "la sécurité totale n'existe pas", a ajouté le ministre allemand.

Cette position rejoint largement celles exprimées par les syndicalistes au cours du congrès. M. Müntefering a aussi exprimé des positions similaires à celles des syndicats sur les salaires en Europe.

S'exprimant en allemand, le ministre a déclaré qu'il voulait "que ceux qui travaillent à plein temps reçoivent suffisamment d'argent pour vivre, (...) il faut que ce soit un objectif pour toute l'Europe".

Le ministre allemand du Travail et des Affaires sociales s'est prononcé par ailleurs pour un plafonnement des très hauts salaires. "Il faut qu'il y ait des limites vers le haut", a-t-il déclaré, évoquant les sommes de plusieurs dizaines de millions de dollars gagnées par les présidents de fonds spéculatifs. M. Müntefering a estimé qu'il était prêt à accepter qu'un homme puisse être "dix fois" meilleur qu'un autre, mais pas "50.000 fois".

Il a également insisté pour que ce soient les organismes politiques et démocratiques qui régissent le monde et pas le "capitalisme financier".

Développant les orientations de la présidence allemande de l'Europe, le vice-chancelier a évoqué les efforts vers le plein-emploi et la santé au travail, affirmant que le travail ne serait "jamais une sinécure, mais nous devons veiller à ce que les gens ne se détruisent pas".