Hervé Kempf (Le Monde) écrit à son collègue Eric Le Boucher (Le Monde également)
Par P B le jeudi 27 septembre 2007, 05:30 - Lien permanent
[ Hervé Kempf vient d'écrire "Comment les riches détruisent la planète (Seuil, Paris, 2007)"
le monde « est aujourd’hui gouverné par une oligarchie qui accumule revenus,patrimoine et pouvoir avec avidité. (...) Cette classe dirigeante prédatrice n’est animée d’aucun idéal, ne délivre aucune parole». Et de conclure : « Si l’on veut être écologiste, il faut arrêter d’être benêt. » ]
[ info communiquée par Ian co-listier ]
Un Monde d’écart
PAR Patrick Piro
jeudi 20 septembre 2007
La rédaction du Monde est depuis quelques jours agitée par une histoire édifiante. Le journaliste Hervé Kempf (en charge de l’écologie) a adressé le 11 septembre à son collègue Éric Le Boucher une lettre qui met le doigt sur quelques contradictions bien de notre temps. « [...] Je découvre que tu es membre de la Commission sur "la libération de la croissance", présidée par Jacques Attali, celui-ci ayant été missionné par lettre de Nicolas Sarkozy et François Fillon du 1er août dernier, écrit notamment Kempf. J’en suis choqué et peiné pour le Monde. » L’auteur rappelle qu’il est entré au journal en 1998, alors qu’il était membre du Conseil supérieur de la sûreté et de l’information nucléaires (CSSIN), « une structure paritaire, sans pouvoir, mais qui était une source utile d’informations », précise-t-il. Il en avait aussitôt démissionné parce qu’un rédacteur en chef avait invoqué « la coutume » qui voulait que les journalistes du Monde ne participent pas à des commissions officielles, « pour des raisons d’indépendance ».
« Cette règle non écrite du journal, poursuit Kempf, me paraissait très justifiée : la participation à un organisme public fût-il sans responsabilité apparente et sans pérennité induit une relation de connivence qui ne peut qu’altérer l’exigence d’indépendance qui fonde la qualité de notre travail de journaliste. »
« J’y ajoute, écrit-il encore, deux considérations de contexte qui aggravent le mauvais cas dans lequel, selon moi, tu places notre collectivité.
La situation politique du pays se caractérise par un pouvoir fort, détenant les principaux leviers de commande (présidence, gouvernement, Parlement, Conseil constitutionnel), face à une opposition faible ce dont témoigne la collaboration de personnalités dites socialistes, tel M. Attali, à la politique gouvernementale. De surcroît, le pouvoir contrôle aussi, par ses amis ou par ses affidés, une très grande part des médias audiovisuels et écrits. Le rôle des journaux indépendants, et je conserve la conviction que le Monde est de ceux-là, est d’assurer avec la plus grande rigueur et la plus sourcilleuse susceptibilité notre distance à l’égard du pouvoir, dans cette période périlleuse pour la démocratie. Nos lecteurs attendent de nous cette indépendance, garantie d’un jugement serein. [...] » La réponse de l’ultralibéral chroniqueur Éric Le Boucher est attendue...



Commentaires
Qui lit encore le Monde ? Pour moi, c'est terminé depuis le mois d'Août
: une overdose de dégoût devant la compromission de ce journal, cire
pompe des chantres du "déclin de la France", du libéralisme et de Sarkozy.
Je vous assure qu'avec l'Humanité, Libé, le Canard, Politis et quelques
autres de temps en temps et le blog de RESF on se porte très bien, on a
moins de crampes d'estomac, on perd moins de temps et on est mieux informé.
Courage pour le boycott de ce journal! Un seule difficulté pour les
non-abonnés qui aimaient acheter leur journal: c'est comme le geste du
fumeur : une habitude à perdre!
Bonjour, j'ai lu l'excellent ouvrage d'Hervé Kempf. On sait que la commission présidée par Mr Attali préconise l'abandon du pricipe de précaution qui est, dit-il, un frein à la croissance.
Je crois savoir que Jacques Attali est un amateur de clones qu'il confond peut-être avec artefacts, si j'en juge par l'une de ses réflexions à la radio : "en 2050 nous ne serons pas dans ce studio mais à l'autre bout du monde, ce seront nos clones qui feront cette interview à notre place".
C'est cet homme qui préconise de lever le principe de précaution alors que la technique et la science n'ont jamais été aussi puissantes et donc dangereuses.
le livre d'hervé kempf synthétise très bien la crise de la société actuelle et la France et le monde connaissent actuellement une évolution vers des processus de contrôle des libertés individuelles et un appauvrissement voire une fin de la démocratie réelle, elle commence dès aujourd'hui a revétir un caractère tellement illusoire que nombre d'entre nous ne sont absolument pas dupes de cette mascarade. Un gouvernement mondial est bien en train de se mettre en place et il dépassera les clivages traditionnels, gauche, droite, humain, clones, blakcs, blancs homo ou hetero seront réunis au gouvernements mondial par la force de l'argent qui mène au pouvoir.... mais il n'est pas trop tard...
Love.