Pour Denis Kessler, ex vice-président du MEDEF [ un dur ], "le gouvernement doit défaire méthodiquementle programme du Conseil National de la Résistance"
Par P B le lundi 8 octobre 2007, 16:57 - Lien permanent
[ Desmotscratiquement transmis par Alain, co-listier.
Ca tient en 538 mots, titre compris. C'est précis et sans langue de bois. la feuille de route du gouvernement est décryptée par Denis Kessler dans une chronique paru dans la rubrique opinion du magazine économique Challenges du 4 octobre. Ancien vice-président du MEDEF, il est président du groupe Scor (réassurance) depuis le 4 novembre 2002.
C'est enfin lâché, mis explicitement sur la table : le programme "ambitieux" de réformes tous azimuts lancés par le gouvernement de Sarkozy "possède une profonde unité" quand bien même "les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
IL S'AGIT NI PLUS NI MOINS DE :
"sortir aujourd'hui de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !" ]
Source et texte complet : http://www.challenges.fr/opinions/1191448800.CHAP1020712/adieu_1945_raccrochons_notre_pays_au_monde_.html
ou
http://tinyurl.com/ypp85y
Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !
Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie.
Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...
A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !
A l'époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d'obtenir des avancées - toujours qualifiées d'«historiques» - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.
Ce compromis, forgé aune période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l'importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d'être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.
Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d'un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l'histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l'évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s'adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.
Le problème de notre pays est qu'il sanctifie ses institutions, qu'il leur donne une vocation éternelle, qu'il les «tabouise» en quelque sorte. Si bien que lorsqu'elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d'une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s'érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s'attaquent à ces institutions d'après guerre apparaissent sacrilèges.
Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l'essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l'on puisse envisager l'aggiornamento qui s'annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d'entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n'est pas un problème qu'en psychanalyse.



Commentaires
Que de bon sens ... la nature nous montre chaque jour "que tout bouge grandit évolue" ... l'arbre qui pousse, verra, à certaines années de sa vie, perdre une branche devenue bois mort, pour permettre à d'autres de se développer. Réjouissons nous des mutations et encourageons les. Merci aux penseurs "éclairés" ... merci cher DENIS Jung ...!
Remarque qui gagnerait à être approfondie et éclaircie
L'analyse de la situation issue du CNR émane d'un ancien "mao" qui, comme ses anciens amis soixante-huitards de l'époque n'a jamais digéré le fait qu'il puisse subsister encore quelques progressistes et qui s'acharne donc à les détruire. Qui a-t-il de nouveau dans son analyse qui se différencie des anciens schémas libéraux et colonialistes du XIX siècle ? Rien ! La destruction systématique de toutes les valeurs de solidarité qui avaient fondé le lien social français se délitent depuis plus d'un quart de siècle sous la houlette de Kessler et de ses amis du Medef. La misère est de plus présente en France et dans le monde. Une poignée d'oligarques de droite comme de gauche se partagent les richesses et le pouvoir. L'escroquerie intellectuelle qui consistait à dire que plus le "gâteau" est important plus les gens s'enrichissent relève de l'affabulation. Le monde salarié n'est pas dupe et D. Kessler devrait se souvenir que seules les réalités économiques comptent. Aujourd'hui, il a engagé avec son ami Sarkozy le refonte totale des acquis nés de la Libération... Il oublie dans son analyse que la situation économique mondiale est catastrophique et que cette mondialisation dont il a fait son dogme souffre de contradiction énormes. La crise des "subprimes" est là pour le lui rappeler et il faudra bien un jour payer l'addition des milllards de dollars et d'euros réinjectés dans les banques des pays industrialisés comme le nôtre. On ne peut sans arrêt vivre dans le "virtuel" ... L'idéologie qu'il développe avec ses amis ne résistera plus longtemps aux réalités sociales, ils devraient en prendre la mesure. Toutes ces banques qui, tout en prêchant le libéralisme débridé comptent sur les le fric des salariés (donc sur des fonds publics) pour renflouer leurs caisses et éviter la banqueroute, toutes ces magouilles qui jettent les travailleurs à la rue et réduisent le monde du travail à des conditions dignes du 19 siècle, tous ces nouveaux riches qui s'engraissent en spéculant sur la misère de ceux qui travaillent, toutes ces guerres néocoloniales fomentées par les les ultralibéraux pour garantir leurs intérêts à court terme... tout cela devra un jour faire l'objet d'un bilan et, en attendant ce jour, je souhaite à D. Kessler et à ses amis bien du plaisir... Qu'ils en profitent pendant qu'il est encore temps !
Pascal à pascal,
Votre analyse est traversée par une logique imparable qui ne manquera pas le jour venu de placer ces êtres égarés face à leurs responsabilités dans l'avilissement de notre destin collectif et les souffrances individuelles.
Le sport scolaire ( et la remuneration des profs d'EPS qui en est associéé ) à été crée en 1945 , epoque ou la france fonctionnait partiellement encore avec les tikets de rationnement ....
Aujourd'hui dans de nombreux etablissements du secondaire cette remuneration ( forfait de 3 h par semaine pour chaque prof d'EPS)est remis en cause .
Il faut choisir entre les groupes de science , de langue , la remediation en math ou le sport scolaire .....
La france de 2008 n'est plus capable financerement de realiser les projets qu'elle a mis en place en 1945 ....Alors que durant la meme periode le PIB par habitant a été multiplié par 10 (INSEE).
On nous prend pour des imbeciles !
On savait que le rève secret du CNPF est de payer les travailleurs avec un bol de riz(et encore certains compteraient les grains de riz).Fini le temps ou la droite tentait de s'approprier la responsabilité du progrès social. Aujourd"hui, le temps n'est plus à l' hypocrisie: Haros sur ce mème progrès social qu' hier on tentait de faire sien. Méfiez vous CNPF,car si aujourd'hui vous avez le vent en poupe n' oubliez pas que le capitole est proche de la rioche tarpéenne et qu'un jour le peuple que vous tenez par la "laisse médiatique" saura s'unir pour annihiller votre capacité de nuisance.
Ce qui est extraordinaire avec le medef, les liberaux, les possedants, ceux qui ne savent plus quoi faire de leur fric,c'est leur appetit !
Jugez plutot : Non contents de s'être apporpriés par " petits coups" successifs la quasi-totalité de la richesse nationale (les 10% les plus riches possèdent aujourd'hui 90% de la fortune nationale alors que ces même 10% ne possédaient " que " 50% en 1970 de cette même fortune ) ils en veulent toujours plus : Aujourd'hui c'est casser les bases sociales que le conseil national de la résistance avait mis sur pied pour le pays . Bases sociales qui servaient de références pour le monde progressiste .
Mais parlons tout de même de quelques petits coups (parmi d'autres)successifs qui leur ont permis de s'approprier le pays :
1°) L'emprunt Giscard ! Une pure merveille : L'etat emprunte 7 milliards de francs en 1973 et il devra rembourser (entre 1973 et 1983) 110 milliards de francs à ce capitalisme qui a su habilement faire monter le prix de l'or (l'emprunt etait indexé sur l'or ) et ainsi toucher le jakpot .Aucun émoi du côté de la cour des comptes si prêt à traquer le moindre centime gaspillé .En tout cas bonjour l'impact sur la dette publique :C 'est le debut de son dérapage.
2°) Le rachat de jeep par renault;de la paramount par le crédit Lyonnais ; d'orange par France Télècom ect....Les acheteurs sont à l'époque des sociétés nationalisées qui , par ,conséquent , engagent des fonds publics et les societés achetées sont des canards boiteux .Et comme par hasard ces societés sont rachetées à prix d'or.Bizzare ! Y aurait du delit d'initié dans l' air que ce ne serait pas étonnant .La cour des comptes continue de dormir sur ses 2 oreilles .
3°) La spéculation non fiscalisée entre 80 et 95 avec tous les liberaux tantôt de gauche tantôt de droite . La plus belle performance sera les SICAV monétaires sans fiscalisation alors qu'elles flirtaient avec les 15% .Mais dans ce chapitre , il y a trop d'exemples à donner limitons nous à celui -ci .La cour des comptes garde toute sa serennité .
4°) C est aussi à cette periode que l'investissement dans le productif s'effondre au profit de l'investissement dans le spéculatif .Autrement dit onjoue la finance contr l'emploi . Et quand on investit dans le productif c'est pour délocaliser , exporter les capitaux ( opération rendue possible par quelques tours de passe-passe étatiques discrets mais éfficaces ).On ferme en France (tant pis pour les travailleurs dont le travail aura permis la constitution de ces fortunes) et on ouvre en Asie du sud-est ou on travaille plus de 50h/par semaine , puis en Inde , puis en Chine , grace à l'Europe on investra en Espagne d'abord et aujourd'hui en Pologne , Slovaquie, ect.....
L'interet de la nation n'a jamais été la preoccupation du grand patronat .
Hier comme aujourd'hui .