Chronique de Cyril Lemieux : "Pourquoi est-il parfois difficile de se remettre en cause ?"
Par P B le vendredi 27 juin 2008, 09:41 - Lien permanent
Chronique de Cyril Lemieux sur France Culture le 24 juin 2008 : Pourquoi est-il parfois difficile de se remettre en cause ?
"L'épreuve de la réalité ne ruine pas toujours les convictions"
"il y a dissonance cognitive quand ce que l'on croit très profondément est contredit"
"l'échec de la prophétie a paradoxalement renforcé la croyance en la prophétie"
"les individus procèdent par évitement et rationalisation des faits qui les contredisent"
"c'est parce que chaque membre du groupe trouve l'appui et le soutien des autres membres qu'il parvient à réfuter l'évidence des faits et à sauver à ses propres yeux la croyance fausse à laquelle il est attaché"



Commentaires
Voilà une intéressante explication psycho-sociologique de l'apathie actuelle du peuple français alors qu'il est mis face aux nombreuses contradictions de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy dit, puis, fait le contraire de ce qu'il a dit. Moi, je ne fais pas partie de son électorat, donc la remise en cause ne me concerne pas. Mais quand j'entends le discours de ses électeurs, ceux qui se sont fait avoir, pas ceux qui ont eu "raison" de voter pour lui, car il sert leurs intérêts ; quand j'entends ses électeurs des classes moyenne et populaire, se plaindre de tout sauf de Sarkozy, je suis ahurie par tant de naïveté.
Alors, voici une explication scientifique à mes étourdissements ! Il y a donc un "blocage" psychologique chez ces gens qui les empêche d'admettre qu'ils se sont fait tout simplement avoir....
Reste à trouver une porte de sortie...
Je pense que la part du psychologique est déterminante pour comprendre les comportements. Au stade actuel de ma réflexion, je le considère comme le fondement de notre conduite et selon moi il précède le sociologique qui n'est pas à négliger pour autant bien évidemment !
Bonjour Pascal,
J'ajoute quelques remarques.
Ce qui est appelé la "dissonnance cognitive", peut être appelé en psychiatrie et psychannalyse, le déni de réalité, voire, les états limites .
Dans le cas de l'exemple precis cité dans la chronique, s'agissant du phénomène sectaire, le déni de réalité peut être d'autant mieux expliqué qu'il est porté par des personnalités dites psychotiques, personnalités allant jusqu'à construire un délire pour éviter de faire face à l'angoisse que génère la confrontation avec la réalité et ce souvent en raison d'un traumatisme non résolu . Les psychotiques en général ne tiennent pas compte non plus de l'Autre en tant que tel. Il n'existe pas, d'où la tendance à réduire ce que dit l'autre à "rien" .
On peut retrouver les grands thèmes dans les grandes lignes, des pathologies psychiques sur un site dédié aux cours infirmiers en psychiatrie.
http://psychiatriinfirmiere.free.fr...
Le terme "dissonance cognitive" m'interpelle pour plusieurs raisons. C'est qu'il est à la mode d'user de la terminologogie des nouveaux courants de la pensée psychiatrique, inspirée des théories cognitivistes et comportementalistes .
A l'heure également où la prise en charge psychiatrique est en régression sur le plan de la relation humaniste et sur le plan budgétaire en raison des réformes des APHP , où l'on voit de plus en plus de sujets en dérives dans les rues, faute de lits et de structures pour les accueillir, et au moment où le lien social se délie, je ne peux qu'exprimer mon agacement devant ces appartés psychologiques à la mode, des médias. D'autant que ce qui est mis en exergue, la comparaison entre le maintien d'un entraineur de foot à la tête d'une équipe, en dépit des mauvais résultats de celle ci, et le fonctionnement d'un groupe sectaire, ne m'apparait pas être forcément du même registre d'analyse, car
quid de la question financière qui lie le groupe d'individus décideurs en matière footballistique, quand on sait que tout ce beau monde fonctionne de plus en plus dans cet intérêt. Les clubs peuvent être même côtés en bourse ! Ce qui ne résume pas forcément le fonctionnement d' un groupe sectaire regroupant des individus aux psychismes fragiles, en plein délires...
Je dis cela simplement vis à vis de ce petit diagnostic radiophonique ,qui l'air de rien, à mes yeux, foule au pied tout ce qui par ailleurs se délite de nos connaissances , du fait des simplifications constantes pour notre compréhension de ce qui est réellement en jeu lorsque la réalité est innabordable, d'un point de vue psychique. Diagnostic qui foule donc au pied quelques connaissances plus précises d'inspiration psychannalytique et psychiatrique classique, de mon point de vue
Mais que cette chronique vous interpelle et vous permette de poser la question de notre remise en cause individuelle , je le comprends parfaitement. Je distingue simplement que des personnalités avec des troubles psychiques de l'ordre du déni de la réalité, peuvent rarement le faire, mais que la grande majorité des personnes moyennement névrosées, peuvent certainement le pratiquer. C'est ce qui nous permet d'ailleurs de nous poser des questions, quand d'autres s'inventent des mondes rigides dans lesquels l'Autre à rarement la place de sujet.
C'est donc, à mon avis, notre représentation de l'Autre et la place que nous lui donnons , qu'il faut perpétuellement interroger pour être dans l'acte de se mettre en question. Mais il est difficile d'espèrer que changent ceux qui ne le font pas. Ce serait là une forme de déni de réalité de croire le contraire....
Ma question serait : Quelle est la meilleure position pour faire face aux personnalités psychiques rigides qui parfois atteignent des niveaux de pouvoir décisionnel tel que leurs décisions ne sont pas sans conséquences pour les autres ? Que faut il trouver en soi pour être certain de ne pas laisser sa propre humanité réduite à néant ?
Petit lien : http://www.radiofrance.fr/franceint...
J'en étais sûr! Bon sang! la dissonance cognitive...
C'est l'Autre qui en est affecté.
Alain - le philosophe- affirmait à l'unisson du sentiment de personnages moins en vue, la populace en quelque sorte, que la psychologie était de la "haute police".
Cela ne remet pas en cause la totalité de l'outil, mais certainement l'usage qui en est généralement fait.
Homo uomini...