Aphorismes -  (...) jusqu’ici la droite était la droite. Et elle ne se décomplexait que lorsqu’elle se croyait « entre elle », à de rares exceptions près comme l’avait illustré en son temps l’affaire du bruit et de l’odeur des immigrés façon Jacques Chirac. Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy, la droite est officiellement décomplexée. Cela se voit en tout. Il faut jouir sans entraves, au détriment des autres s’il le faut. Un projet de société assez particulier qui s’illustre assez bien d’ailleurs dans le concept tant ressassé de « rupture ». La rupture, c’est, selon le dictionnaire : « une cassure, une séparation, une déchirure, de la tension ». Tout un programme.

Et finalement, peut-on reprocher à un homme de se comporter ainsi à la tête de l’Etat alors qu’il avait tout annoncé à l’avance ? Ceux qui l’ont porté à ce poste sont les principaux responsables du présent.

Je vous redonne à lire cette partie du discours de V. aux habitants de Londres dans le Film V. For Vendetta. Ce texte parle du « haut chancelier ». Rien ne vous empêche de remplacer ce terme et son nom par ceux de votre choix :

« Words will always retain their power. Words offer the means to meaning, and for those who will listen, the enunciation of truth. And the truth is, there is something terribly wrong with this country, isn’t there ? Cruelty and injustice, intolerance and oppression. And where once you had the freedom to object, to think and speak as you saw fit, you now have censors and systems of surveillance coercing your conformity and soliciting your submission. How did this happen ? Who’s to blame ? Well certainly there are those more responsible than others, and they will be held accountable, but again truth be told, if you’re looking for the guilty, you need only look into a mirror. I know why you did it. I know you were afraid. Who wouldn’t be ? War, terror, disease. There were a myriad of problems which conspired to corrupt your reason and rob you of your common sense. Fear got the best of you, and in your panic you turned to the now high chancellor, Adam Sutler. He promised you order, he promised you peace, and all he demanded in return was your silent, obedient consent. »

Traduction :

Les mots conserveront toujours leur pouvoir. Les mots offrent la possibilité de dire les choses, et pour ceux qui les écoutent, l'énonciation de la vérité. Et la vérité est qu'il y a quelque chose qui ne va pas du tout dans ce pays n'est-ce pas ? Cruauté et injustice, intolérance et oppression. Et où il y avait autrefois la liberté de s'opposer, de penser et de parler comme vous estimiez devoir le faire, vous avez maintenant des censeurs et un système de surveillance qui force votre normalité et exige votre soumission. Comment cela s'est-il produit ? Qui est responsable ? Bon certainement y en a-t-il qui porte une part de responsabilité plus grande que les autres et ils auront à en répondre, mais à dire vrai, si vous cherchez des coupables, il vous suffit de vous regarder dans un miroir. Je sais pourquoi vous avez agit ainsi. Je sais que vous aviez peur. Comment aurait-il pu en aller autrement ? Guerre, terreur, maladie. Il y avait une infinité de difficultés qui concourraient à altéraient votre raisonnement et vous privaient de votre bon sens. La crainte s'est emparé du meilleur de vous-même, et dans un mouvement de panique vous vous êtes tourné vers le chancelier actuel, Adam Sutler. Il vous promettait ordre et paix, et tout ce qu'il attendait en retour de votre part c'était votre silence et une collaboration docile.