Le Monde - L'évolution du secteur [immobilier] suscite néanmoins deux types d'inquiétudes. La première est liée à la nature des crédits. Les banques prêtent de plus en plus, et pour de plus en plus longtemps. Un bailleur de fonds sur trois propose une durée de crédit de quarante ans ou plus. Certaines banques prêtent cinq fois leur salaire annuel à leurs clients les plus fiables. Les revenus ont pourtant, en moyenne, augmenté trois fois moins vite que les prix de l'immobilier.
Certains montages financiers sont acrobatiques, tels les prêts où l'on ne rembourse que les intérêts, souscrits par un tiers des jeunes ménages. Quelque 8 % des prêts, dits "autocertifiés", sont accordés sans exigence de la preuve d'une garantie de revenu.
L'autre inquiétude tient à l'ambiance d'insouciance financière qui règne dans le royaume, avec la bénédiction des banques. Les Britanniques, rois de l'endettement privé, sont des accros du crédit et des drogués de la dépense.
La dette des ménages s'élève ainsi à 1 900 milliards d'euros, le crédit à la consommation s'ajoutant aux emprunts immobiliers. Plus de 100 000 Britanniques se sont déclarés en situation de faillite personnelle en 2006, soit une hausse de 60 %. Tout cela devrait, en bonne logique, inciter le pays à une plus grande rigueur en matière de crédit immobilier.
Mot clé - endettement
jeudi 29 mars 2007
L'insouciance financière règne au Royaume-Uni où la population se shoote à la dépense à crédit
Par P B le jeudi 29 mars 2007, 01:15


