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jeudi 29 novembre 2007

Les ouvriers de Ford débrayent (Russie) : plus 30 % d'augmentation de salaire revendiqués !

L'information est courte mais, dans brièveté, évocatrice. Le débrayage des 1.500 travailleurs russes de l'usine Ford à Vsevolozhsk (région de Leningrad) a démarré dans la nuit du lundi au mardi (19-20 novembre 2007), à minuit pile. C'est une heure où peu songent à entamer un bras de fer. Nuit noire, le fracas des chaînes fait place à un front, à un bloc de silence, bras croisés. Ils veulent une augmentation salariale, 30% environ, et une réduction du travail de nuit, qu'ils veulent voir ramené de 7,5 à 6,5 heures. C'est la troisième grève en un an. Il y a eu celle, d'avertissement, le 7 novembre, après trois mois de négociations patron-syndicats, et puis celle de février 2007, au terme de laquelle ils avaient obtenu des augmentations allant de 14 à 20%. Là, ils remettent cela. Nous disons "ils" mais, dans l'usine silencieuse, il y a sans doute aussi des ouvrières. Les chaînes de Vsevolozhsk "crachent" 300 Ford Focus par 24 heures. La direction a annoncé, un peu comme Sarkozy en France, qu'elle ne négociera pas tant que durera la grève. Le comité de grève n'a fixé à celle-ci aucun terme, elle ferait perdre à Ford entre 4 et 6 millions de dollars par jour de production perdu. (L'information est aussi brève que peu diffusée: elle a échappé aux radars tant des Echos que du Financial Times et du Soir, par exemple.)

mardi 16 octobre 2007

Ils demandent 31% d'augmentation : grève d'avant-garde des cheminots allemands du syndicat GDL !!

Gresea (Observatoire des entreprises) - Vendredi 12 octobre 2007, le syndicat des conducteurs de locomotives GDL en était à son troisième essai. Préavis de grève sur les lignes régionales de Deutsche Bahn – et ce après avoir dû renoncer, en août et le 5 octobre, de frapper plus grand, à la suite d'interdictions de la justice allemande, jugeant l'action "disproportionnée" au vu du nombre de travailleurs concernés. Avec 8.000 conducteurs affiliés, sur un total de 20.000, GDL (un des plus anciens syndicats allemands, fondé en 1867) ne représente en effet que 6 % du personnel de Deutsche Bahn. Cela n'entame en rien sa combativité. Les autres syndicats, et le reste du personnel, ont obtenu une augmentation de 4,5%, GDL exige, lui, 31%. Et promet de paralyser le réseau pour arriver à ses fins. Il a pour cela quelques arguments. C'est le fait, d'abord, que Deutsche Bahn, en cours de privatisation, a rarement dégagé autant de bénéfices, et que la société ferroviaire s'apprête une nouvelle fois à augmenter ses tarifs. Pourquoi serait-ce tout profit pour les "investisseurs" alléchés par la privatisation? Mieux: comme relève le professeur de Sciences politiques à l'université de Francfort Josef Esser, l'opinion publique pencherait plutôt pour les cheminots: "Les gens réalisent que les patrons gagnent des sommes énormes et que les entreprises dégagent de hauts profits. (...) Ils pensent qu'il est temps que cela porte ses fruits et ne pas toujours être ceux qui se sacrifient." La conjoncture dans l'action syndicale? Primordial.

Sources: Le Monde du 3 octobre 2007 et le Financial Times du 12 octobre 2007.

Traitement Gresea : 15 octobre 2007