DesMotsCratie" Des mots pour voir "

mardi 22 juillet 2008

Pourquoi ont-ils élu Sarkozy ...

Aphorismes -  (...) jusqu’ici la droite était la droite. Et elle ne se décomplexait que lorsqu’elle se croyait « entre elle », à de rares exceptions près comme l’avait illustré en son temps l’affaire du bruit et de l’odeur des immigrés façon Jacques Chirac. Depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy, la droite est officiellement décomplexée. Cela se voit en tout. Il faut jouir sans entraves, au détriment des autres s’il le faut. Un projet de société assez particulier qui s’illustre assez bien d’ailleurs dans le concept tant ressassé de « rupture ». La rupture, c’est, selon le dictionnaire : « une cassure, une séparation, une déchirure, de la tension ». Tout un programme.

Et finalement, peut-on reprocher à un homme de se comporter ainsi à la tête de l’Etat alors qu’il avait tout annoncé à l’avance ? Ceux qui l’ont porté à ce poste sont les principaux responsables du présent.

Je vous redonne à lire cette partie du discours de V. aux habitants de Londres dans le Film V. For Vendetta. Ce texte parle du « haut chancelier ». Rien ne vous empêche de remplacer ce terme et son nom par ceux de votre choix :

« Words will always retain their power. Words offer the means to meaning, and for those who will listen, the enunciation of truth. And the truth is, there is something terribly wrong with this country, isn’t there ? Cruelty and injustice, intolerance and oppression. And where once you had the freedom to object, to think and speak as you saw fit, you now have censors and systems of surveillance coercing your conformity and soliciting your submission. How did this happen ? Who’s to blame ? Well certainly there are those more responsible than others, and they will be held accountable, but again truth be told, if you’re looking for the guilty, you need only look into a mirror. I know why you did it. I know you were afraid. Who wouldn’t be ? War, terror, disease. There were a myriad of problems which conspired to corrupt your reason and rob you of your common sense. Fear got the best of you, and in your panic you turned to the now high chancellor, Adam Sutler. He promised you order, he promised you peace, and all he demanded in return was your silent, obedient consent. »

Traduction :

Les mots conserveront toujours leur pouvoir. Les mots offrent la possibilité de dire les choses, et pour ceux qui les écoutent, l'énonciation de la vérité. Et la vérité est qu'il y a quelque chose qui ne va pas du tout dans ce pays n'est-ce pas ? Cruauté et injustice, intolérance et oppression. Et où il y avait autrefois la liberté de s'opposer, de penser et de parler comme vous estimiez devoir le faire, vous avez maintenant des censeurs et un système de surveillance qui force votre normalité et exige votre soumission. Comment cela s'est-il produit ? Qui est responsable ? Bon certainement y en a-t-il qui porte une part de responsabilité plus grande que les autres et ils auront à en répondre, mais à dire vrai, si vous cherchez des coupables, il vous suffit de vous regarder dans un miroir. Je sais pourquoi vous avez agit ainsi. Je sais que vous aviez peur. Comment aurait-il pu en aller autrement ? Guerre, terreur, maladie. Il y avait une infinité de difficultés qui concourraient à altéraient votre raisonnement et vous privaient de votre bon sens. La crainte s'est emparé du meilleur de vous-même, et dans un mouvement de panique vous vous êtes tourné vers le chancelier actuel, Adam Sutler. Il vous promettait ordre et paix, et tout ce qu'il attendait en retour de votre part c'était votre silence et une collaboration docile. 

mardi 30 octobre 2007

Alain Badiou : "La discipline - l’organisation, la cohésion et l’unité - est la seule force dont disposent les opprimés"

[ J'aurais pu titrer également :  "La société de la peur". Mais c'est moins porteur d'avenir... ]

Le réseau des bahuts - Entretien Alain Badiou / Frédéric Taddéï à propos de la sortie de son livre : " De quoi Sarkozy est-il le nom ? "

25/10/07 France 3

Frédéric Taddéï -  Vous êtes le penseur le plus critiqué actuellement, peut-être aussi le plus redouté Alain Badiou. On vous redoute peut-être à cause de votre influence. Vous êtes quelqu’un qu’on ne voit pas à la télévision, vous ne touchez pas le grand public habituellement mais vous avez de l’influence sur les étudiants, sur les intellectuels. Vous êtes professeur de philosphie à Normale-Sup, vous avez des séminaires de philosophie dans toute l’Europe, en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et on vous compare à Robespierre et à Saint-Just, souvent. On vous accuse d’être le dernier penseur révolutionnaire....

AB Je n’ai quand même fait couper aucune tête

FT Pas encore, pas encore, disent vos adversaires...

AB C’est une comparaison qui à certains égards est honorable pour un penseur d’aujourd’hui. Vous dîtes que je suis redouté, tant mieux peut-être, je ne m’en rends pas vraiment compte, pour le moment je développe mon œuvre, je développe ma pensée, je dis ce que je crois être vrai... c’est ma fonction de philosophe

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lundi 15 octobre 2007

" LES AMÉRICAINS ONT PEUR… [ de leur Etat policier ] ET ILS N’ONT PAS HONTE DE LE DIRE " Naomi Wolf

Libertesinternet - Voici un texte fondamental pour comprendre le danger totalitaire qui guette la société aux Etats-Unis…

[par Naomi Wolf - 10/10/2007 - Trad. Grégoire Seither]

[…] (Naomi Wolf est l’auteur de l’ouvrage “The End of America: A Letter of Warning To A Young Patriot”.)

Depuis quelques mois je parcours l’Amérique, du Colorado à la Californie, et je parle avec des Américains de toutes les couches de la société sur les questions des libertés, sur les attaques qu’elles subissent en ce moment et sur le programme en dix étapes qui est en cours pour faire de ce pays une société fermée et répressive.

La bonne nouvelle est que les Américains se sont réveillés et sont conscients des dangers qui les guettent. Quand je me suis mis en route je pensais que j’allais affronter de l’opposition, de la résistance ou au moins de l’incrédulité quand je parlerais de l’obscurité qui s’étend lentement sur notre pays et l’héritage de liberté que nous ont légué nos ancètres.

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